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LE ROMAN POPULAIRE ET LE ROLE DU ROMANESQUE EN AMERIQUE
Coles
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LE ROMAN POPULAIRE ET LE ROLE DU ROMANESQUE EN AMERIQUE in Ottawa, ON
Current price: $1.60


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Size: Kobo eBook
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Présentation de l'éditeur
Le Roman populaire et le rôle du romanesque en Amérique
Emile Montégut, essayiste et critique français (1826–1895)
Ce livre numérique présente «Le Roman populaire et le rôle du romanesque en Amérique», de Emile Montégut, édité en texte intégral.
Extrait:
Il y a toujours dans tout siècle et dans tout pays deux littératures parfaitement distinctes, et qui fleurissent indépendantes l’une de l’autre. Il y a d’abord une littérature élevée, poétique ou profonde, qui exprime le degré d’idéal auquel l’âme humaine est arrivée, le degré de délicatesse auquel les sentiments du cœur sont parvenus, les tourments et les susceptibilités qu’une culture supérieure inflige à la conscience, le beau rêve dans lequel se complaît l’imagination, les joies et les extases de l’intelligence s’étudiant à pénétrer l’énigme de l’univers. Il y a ensuite une littérature trouble, mélangée, complexe, pleine d’impurs alliages, — une littérature qui exprime l’idéal inférieur de l’époque, le rêve des imaginations vulgaires, les désirs grossiers du cœur, la poésie des appétits terrestres, l’ivresse des sensualités, les préjugés meurtriers des foules, les nudités cyniques des mœurs, en un mot la réalité crue, éclairée seulement ça et là de certains rayonnements aux reflets blafards et tristes comme les lumières qu’engendre la putréfaction, ou qu’allument les procédés scientifiques modernes. L’une est la littérature sérieuse, celle qui survit au temps et au pays où elle a pris naissance ; la seconde est la littérature qu’on peut appelé populaire, celle qui est condamnée à mourir avec les générations qui s’en sont nourries, et qui n’est plus ensuite exhumée de sa poussière que par la curiosité des chercheurs et les nécessités de la science historique.
Ces deux littératures si tranchées ont un seul point de contact : elles représentent toutes deux l’idéal du temps, l’une son idéal noble et moral, l’autre son idéal vulgaire et charnel. Ces deux sortes d’idéal existent en même temps, car il s’en faut de beaucoup que le corps suive les impulsions de l’âme, et que
Présentation de l'éditeur
Le Roman populaire et le rôle du romanesque en Amérique
Emile Montégut, essayiste et critique français (1826–1895)
Ce livre numérique présente «Le Roman populaire et le rôle du romanesque en Amérique», de Emile Montégut, édité en texte intégral.
Extrait:
Il y a toujours dans tout siècle et dans tout pays deux littératures parfaitement distinctes, et qui fleurissent indépendantes l’une de l’autre. Il y a d’abord une littérature élevée, poétique ou profonde, qui exprime le degré d’idéal auquel l’âme humaine est arrivée, le degré de délicatesse auquel les sentiments du cœur sont parvenus, les tourments et les susceptibilités qu’une culture supérieure inflige à la conscience, le beau rêve dans lequel se complaît l’imagination, les joies et les extases de l’intelligence s’étudiant à pénétrer l’énigme de l’univers. Il y a ensuite une littérature trouble, mélangée, complexe, pleine d’impurs alliages, — une littérature qui exprime l’idéal inférieur de l’époque, le rêve des imaginations vulgaires, les désirs grossiers du cœur, la poésie des appétits terrestres, l’ivresse des sensualités, les préjugés meurtriers des foules, les nudités cyniques des mœurs, en un mot la réalité crue, éclairée seulement ça et là de certains rayonnements aux reflets blafards et tristes comme les lumières qu’engendre la putréfaction, ou qu’allument les procédés scientifiques modernes. L’une est la littérature sérieuse, celle qui survit au temps et au pays où elle a pris naissance ; la seconde est la littérature qu’on peut appelé populaire, celle qui est condamnée à mourir avec les générations qui s’en sont nourries, et qui n’est plus ensuite exhumée de sa poussière que par la curiosité des chercheurs et les nécessités de la science historique.
Ces deux littératures si tranchées ont un seul point de contact : elles représentent toutes deux l’idéal du temps, l’une son idéal noble et moral, l’autre son idéal vulgaire et charnel. Ces deux sortes d’idéal existent en même temps, car il s’en faut de beaucoup que le corps suive les impulsions de l’âme, et que

















