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Mon oncle et mon curé
Coles
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Mon oncle et mon curé in Ottawa, ON
By None
Current price: $3.99


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Jean de la Brète (1848-1945)
"Je suis si petite qu’on pourrait me donner la qualification de naine, si ma tête, mes pieds et mes mains n’étaient pas parfaitement proportionnés à ma taille. Mon visage n’a ni la longueur démesurée, ni la largeur ridicule que l’on attribue aux nains et aux êtres difformes en général, et la finesse de mes extrémités serait enviée par plus d’une belle dame.
Cependant, l’exiguïté de ma taille m’a fait verser des larmes en cachette.
Je dis en cachette, car mon corps lilliputien renfermait une âme fière, orgueilleuse, incapable de donner le spectacle de ses faiblesses au premier venu..., et surtout à ma tante. Du moins, telle était ma façon de sentir à quinze ans. Mais les événements, les chagrins, les soucis, les joies, la pratique de la vie, en un mot, ont détendu rapidement des caractères beaucoup plus rigides que le mien.
Ma tante était la femme la plus désagréable que j’aie jamais connu. Je la trouvais fort laide, autant que mon esprit, qui n’avait jamais rien vu ni rien comparé, pouvait en juger. Sa figure était anguleuse et commune, sa voix criarde, sa démarche lourde et sa stature ridiculement élevée.
Près d’elle, j’avais l’air d’un puceron, d’une fourmi. Quand je lui parlais, je levais la tête aussi haut que si j’avais voulu examiner la cime d’un peuplier. Elle était d’origine plébéienne et, semblable à beaucoup de gens de sa race, prisait par-dessus tout la force physique et professait pour ma chétive personne un dédain qui m’écrasait."
Reine de Lavalle est une jeune orpheline aisée, élevée dans l'isolement par sa tante qui est une femme acariâtre et despotique. Le seul ami que possède Reine est son précepteur et conseiller : le vieux curé de la paroisse.
Jean de la Brète (1848-1945)
"Je suis si petite qu’on pourrait me donner la qualification de naine, si ma tête, mes pieds et mes mains n’étaient pas parfaitement proportionnés à ma taille. Mon visage n’a ni la longueur démesurée, ni la largeur ridicule que l’on attribue aux nains et aux êtres difformes en général, et la finesse de mes extrémités serait enviée par plus d’une belle dame.
Cependant, l’exiguïté de ma taille m’a fait verser des larmes en cachette.
Je dis en cachette, car mon corps lilliputien renfermait une âme fière, orgueilleuse, incapable de donner le spectacle de ses faiblesses au premier venu..., et surtout à ma tante. Du moins, telle était ma façon de sentir à quinze ans. Mais les événements, les chagrins, les soucis, les joies, la pratique de la vie, en un mot, ont détendu rapidement des caractères beaucoup plus rigides que le mien.
Ma tante était la femme la plus désagréable que j’aie jamais connu. Je la trouvais fort laide, autant que mon esprit, qui n’avait jamais rien vu ni rien comparé, pouvait en juger. Sa figure était anguleuse et commune, sa voix criarde, sa démarche lourde et sa stature ridiculement élevée.
Près d’elle, j’avais l’air d’un puceron, d’une fourmi. Quand je lui parlais, je levais la tête aussi haut que si j’avais voulu examiner la cime d’un peuplier. Elle était d’origine plébéienne et, semblable à beaucoup de gens de sa race, prisait par-dessus tout la force physique et professait pour ma chétive personne un dédain qui m’écrasait."
Reine de Lavalle est une jeune orpheline aisée, élevée dans l'isolement par sa tante qui est une femme acariâtre et despotique. Le seul ami que possède Reine est son précepteur et conseiller : le vieux curé de la paroisse.

















