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Tartarin sur les Alpes
Coles
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Tartarin sur les Alpes in Ottawa, ON
Current price: $1.91


Tartarin sur les Alpes in Ottawa, ON
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Monter si haut, venir des quatre coins du monde pour voir cela… Ô
Baedeker !…
Soudain quelque chose émergea du brouillard, s’avançant vers l’hôtel
avec un tintement de ferrailles, une exagération de mouvements causée
par d’étranges accessoires.
À vingt pas, à travers la neige, les touristes désoeuvrés, le nez contre
les vitres, les misses aux curieuses petites têtes coiffées en garçons, prirent
ce?e apparition pour une vache égarée, puis pour un rétameur chargé de
ses ustensiles.
À dix pas, l’apparition changea encore et montra l’arbalète à l’épaule,
le casque à visière baissée d’un archer du moyen âge, encore plus invraisemblable
à rencontrer sur ces hauteurs qu’une vache ou qu’un ambulant.
Au perron, l’arbalétrier ne fut plus qu’un gros homme, trapu, râblé,
qui s’arrêtait pour souffler, secouer la neige de ses jambières en drap jaune
comme sa casque?e, de son passe-montagne tricoté ne laissant guère voir
du visage que quelques touffes de barbe grisonnante et d’énormes lune?es
vertes, bombées en verres de stéréoscope. Le piolet, l’alpenstock, un sac
sur le dos, un paquet de cordes en sautoir, des crampons et crochets de
fer à la ceinture d’une blouse anglaise à larges pa?es complétaient le harnachement
de ce parfait alpiniste...
Monter si haut, venir des quatre coins du monde pour voir cela… Ô
Baedeker !…
Soudain quelque chose émergea du brouillard, s’avançant vers l’hôtel
avec un tintement de ferrailles, une exagération de mouvements causée
par d’étranges accessoires.
À vingt pas, à travers la neige, les touristes désoeuvrés, le nez contre
les vitres, les misses aux curieuses petites têtes coiffées en garçons, prirent
ce?e apparition pour une vache égarée, puis pour un rétameur chargé de
ses ustensiles.
À dix pas, l’apparition changea encore et montra l’arbalète à l’épaule,
le casque à visière baissée d’un archer du moyen âge, encore plus invraisemblable
à rencontrer sur ces hauteurs qu’une vache ou qu’un ambulant.
Au perron, l’arbalétrier ne fut plus qu’un gros homme, trapu, râblé,
qui s’arrêtait pour souffler, secouer la neige de ses jambières en drap jaune
comme sa casque?e, de son passe-montagne tricoté ne laissant guère voir
du visage que quelques touffes de barbe grisonnante et d’énormes lune?es
vertes, bombées en verres de stéréoscope. Le piolet, l’alpenstock, un sac
sur le dos, un paquet de cordes en sautoir, des crampons et crochets de
fer à la ceinture d’une blouse anglaise à larges pa?es complétaient le harnachement
de ce parfait alpiniste...

















